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Portrait
Lauranne Callet – GLM 2014 – responsable des comités inclusion sociale et culture à Cités Unies et Gouvernement Locaux (CGLU-MEWA)

Lauranne Callet – GLM 2014 – responsable des comités inclusion sociale et culture à Cités Unies et Gouvernement Locaux (CGLU-MEWA)

Publié le | Portraits d'anciens

In Situ part ce mois de Janvier 2016 à la rencontre de Lauranne Callet, diplômée en 2014 du master Governing the Large Metropolis. Elle a 24 ans et vit à Istanbul depuis janvier 2014 où elle a réalisé son stage à l’Organisation Internationale pour les Migrations, puis travaillé pour l’agence de conseil Middle East Development Network. Lauranne est aujourd’hui responsable des comités inclusion sociale et culture à Cités Unies et Gouvernement Locaux (CGLU) branche régionale du Moyen Orient et Asie de l’Ouest.

J’habite en Asie, de l’autre côté du Bosphore, dans le quartier de Kadiköy. Tu te souviens peut-être qu’on s’y était rapidement promené, lors du voyage des GLM en 2013. Je me sens de plus en plus à l’aise en turc que j’ai commencé à apprendre il y a 3 ans. Istanbul n’est pas une ville du sud, elle est très différente de Manille où j’ai vu l’ingouvernable à une autre échelle. Et Istanbul est différente des villes du nord dans la mise en place des politiques publiques, c’est pourtant la plus grosse métropole d’Europe… (...)

Arrivée de la Réunion en première année à Sciences Po à Paris, Lauranne est partie aux Philippines pour sa troisième année où elle a fini de prendre goût pour la large métropole. En sortant de GLM, elle voulait s’ouvrir à de nouveaux thèmes liés à l’urbain. Entre autres, elle s’intéresse aux « PPP », à la santé, aux migrants urbains … si les thèmes sont divers, elle garde l’envie d’intervenir au niveau municipal … C’est l’échelle la plus pertinente.

À Istanbul, Lauranne a un pied au Moyen Orient, sans pour autant se spécialiser sur le monde arabe. Elle vit les influences et singularités des régions qui cohabitent. Elle aussi a une situation particulière, j’ai fait le choix d’être une jeune diplômée à l’étranger, sans être dans une situation expatriée. Elle est donc une recrutée locale internationale ce qui la distingue des stagiaires et des expert.es expatrié.es, qui ont au moins 5 ans d’expérience. (...)

Comment es-tu arrivée à la CGLU Moyen Orient et Asie de l’Ouest

(...) C’est en proposant des projets de recherche et au contact de la communauté internationale qu’elle a obtenu un entretien à CGLU Moyent Orient et Asie de l’Ouest. Mes intuitions se confirment car Istanbul semble se transformer, très vite, en nouveau centre du monde arabe. Du moins la ville est à la convergence des migrants et des institutions de toutes les natures : d’ailleurs les centres de recherche sur le monde arabe s’y installent petit à petit, confirmant que la ville est une véritable plateforme … même si la Turquie ne sait pas où elle est et veut être.

Et quel est ton regard sur le monde du travail tant attendu ?

En GLM, j’étais très pressée de passer à l’action, comme beaucoup. Et pourtant, dans son quotidien professionnel, la théorie lui semble être une respiration pour comprendre les flux des acteurs de la gouvernance et l’évolution de ses propres projets. (...)

Il faut faire le lien, amener les positions à coopérer. Or le contexte politique est très sensible et il est difficile de mettre en avant ces projets de coopération décentralisée dans un pays et une région où l’échelon municipal n’est pas assez développé. D’ailleurs si CGLU Moyen Orient et Asie de l’Ouest est fort en Turquie, elle ne l’est pas encore assez dans les pays arabes où la décentralisation est encore à développer. Sa mission pour CGLU sera de mobiliser les municipalités, qui sont l’échelon clé pour les projets de cohésion social et pour asseoir l’assistance technique sur le territoire dans un second temps.  L’enjeu est de faire le lien entre le technique et l’action, actuellement elle coordonne une étude régionale sur les budgets des municipalités pour le développement de projets d’inclusion sociale pour les syriens, cette étude lui servira d’outil de lobby auprès de l’Union Européenne et des Nations Unies pour attirer l’attention sur l’échelon local dans la crise syrienne. Pour mobiliser les municipalités avec efficacité, le sens ne se fait qu’en portant leur voix vers l’international et dans un sens contraire  en le présentant aux municipalités qui n’ont pas forcément le temps et les cadres d’analyse pour le faire.

Que dirais-tu aux GLMs ?

(...) In a nutshell ? Ne pas hésiter à se chercher un peu. Ne pas hésiter à travailler à l’international. Et je vous conseille de lire Neige de Orhan Pamuk pour commencer ou continuer l’immersion dans le quotidien constamment politisé turc.

Teşekkür ederiz Lauranne


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